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Les élus du syndicat national des journalistes de la  Société normande d'information et de communication (ex-Société normande de presse, d'édition et d'impression ou SNPEI)  vous proposent ce blog. Essentiellement à destination des salariés de Paris-Normandie, du Havre-Libre, du Havre-Presse, de Liberté-Dimanche (et de ses avatars) et du Progrès de Fécamp, ce blog a pour ambition de vous apporter les informations syndicales de l'entreprise, à l'exclusion des résultats économiques pour des raisons de confidentialité.
Le directeur de publication de ce blog est : Benoît Marin-Curtoud (snj_snic@yahoo.fr et b.marincurtoud@presse-normande.com). Les commentaires postés sur ce blog seront, le cas échéant, modérés, le SNJ se devant de respecter les lois sur la presse, sur la diffamation, sur la propriété intellectuelle.

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Face aux difficultés -qu'elles soient économiques ou déontologiques - qui rendent l'exercice du métier de journaliste de plus en plus difficile, face à la crise économique tout court, les élus de la SNIC vous proposent ce blog. Un outil pour vous permettre de réagir, d'exprimer vos attentes.
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rubon0
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 15:11

 

 

rubon0Quel gâchis. Il n'aura fallu que deux générations pour sacrifier sur l'autel des bénéfices les titres Paris-Normandie, Havre-Libre, Havre Presse. Feu Robert Hersant a commencé la sale besogne, sans aucune vergogne depuis le rachat des titres en 1971. Le fils, dans un costume bien trop grand pour lui, a marché sur ses traces pour accélérer le mouvement. Que laisse aujourd'hui la famille ? Paris-Normandie, navire amiral du groupe, que les Hersant ont laissé sombrer dans une longue et douloureuse agonie pour les journalistes et les lecteurs. Aucune volonté manifeste d'investissement pour faire reprendre le bon cap à ce qui n'est pas encore aujourd'hui une épave mais qui a bien du mal à rester à flot. Et que dire des titres de la Presse havraise. Havre Presse, et Havre Libre (titre issu de la Libération) qui subissent le même sort, écrasés sous le compresseur de l'éternelle quête de profit sans aucune perspective ? Quel mépris pour l'histoire de notre pays. Mais quoi d'étonnant quand on sait que Philippe Hersant a choisi l'exil en Suisse où il reconstruit un empire financé par les bénéfices accumulés entre autres sur le dos des salariés de la Presse Normande et la vente de la Socpresse. Ce choix, les salariés ne peuvent l'accepter. Pas plus que vous lecteurs. Parce qu'un journal accompagne votre vie. Et que nous sommes tous attachés au pluralisme de la presse, à une information de qualité, riche et variée.

Une stratégie catastrophique

Aujourd'hui, les titres normands qui appartiennent au groupe Hersant Médias, sont sous une double menace. Celle, inquiétante, d'un plan social qui a été annoncé sans être détaillé. Celle, effrayante, d'une disparition à court ou moyen terme parce que l'actionnaire principal, qui n'a pas mené les réformes structurelles ni investi dans une rotative moderne, semble se désintéresser de notre sort. Depuis plus d'un an, les titres normands sont à vendre et ils n'ont pas trouvé preneur. Depuis le mois d'octobre, le groupe Hersant Media s'est associé au groupe belge Rossel (la Voix du Nord, notamment). Mais les titres normands ont été écartés de ce rapprochement. Trop de déficits. La reprise de la presse normande arrivera peut-être, mais seulement quand une restructuration synonyme de destructions massives d'emplois aura été menée à bout. Pour les salariés sacrifiés, le seul horizon promis c'est la brutalité du pointage hebdomadaire à Pôle emploi. Comment a-t-on pu en arriver là ?

Les salariés de la presse normande sont en passe de payer la boulimie de Philippe Hersant. Rêvant d'un empire, le groupe Hersant Media a racheté les titres Paru-Vendu au début des années 2000. Danse autour du Veau d'Or. Ces titres d'annonces gratuits avaient une excellente rentabilité, alimentaient pour tous les autres journaux du groupe un abondant cash-flow. Dans la foulée, pour 160 millions d'euros, Philippe Hersant s'offrait La Provence et Nice-Matin. Nouvelle danse autour du Veau d'Or. Mais les stratèges n'avaient pas vu venir ce qui existait déjà. La petite annonce gratuite sur internet. Fini la rente et l'argent facile. Le marché s'est effondré en 2008. Bilan ? Les titres Paru-Venu et les sociétés qui les animaient (Hebdoprint et Comareg) ont été liquidées fin 2011. Bilan ? Près de 5000 destructions d'emplois, le « plan social le plus important de 2011 » et des salariés remerciés avec le minimum légal. Bilan ? Le cash-flow sur lequel le groupe Hersant Médias comptait pour se développer s'est transformé en plomb et, par contagion, la crise qui a affecté les titres d'annonces gratuits de GHM a commencé de gagner les titres de la presse payante. Gel des embauches presque partout, conflits larvés, baisse de la diffusion... Philippe Hersant, serait-il un Midas moderne où tout ce qu'il toucherait se transformerait en perte d'argent ?

Des déficits structurels organisés

L'explication est un peu trop facile. Aujourd'hui, la presse normande serait presque à l'équilibre si, depuis des années, elle ne versait pas des « management fees » exorbitants à Groupe Hersant Médias. Un expert mandaté par le comité d'entreprise les a qualifiés de surévalués de l'ordre de 50 % par rapport aux services rendus...

Force est aussi de constater que Groupe Hersant Médias a tout fait pour installer les titres normands dans la situation d'un déficit structurel. Il a vidé les sociétés de leurs actifs en vendant les sièges sociaux du Havre et de Rouen. L'entreprise n'a guère vu l'argent de ces opérations mais en paie aujourd'hui le prix. La rotative, faite d'un assemblage biscornu entre les machines historiques de Rouen et du Havre (cette machine-là avait été rapatriée de la Guadeloupe dans les années 80), est cacochyme, inadaptée et ne permet pas d'imprimer autre chose que le journal. Pendant un an, les problèmes techniques liés à cette rotative « reconfigurée » étaient tels que les journaux étaient soit en retard, soit absents des kiosques très régulièrement. C'est à partir de ce moment là aussi que la chute de la diffusion s'est accélérée. De baisses « classiques » liées aux changements d'habitudes de lectures, l'érosion s'est muée en catastrophe avec des dégringolades frisant certains mois près de 10%. Et la tendance s'est durablement installée. La vente des sièges sociaux a précipité les rédactions du Havre et de Rouen dans des locaux locatifs chers et qui plombent un peu plus les budgets.

Déficit structurel encore quand on constate que Philippe Hersant a vendu les bijoux de famille acquis par feu Robert Hersant son père. Le Papivore, décrié, avait racheté Paris-Normandie en 1971. Avec les fonds propres du quotidien, il a grignoté titre par titre une série invraisemblable d'hebdomadaires normands. Ils ont été vendus au milieu des années 2000 à Publihebdos (un groupe adossé à Ouest-France). Nous n'avons pas vu la couleur de cet argent qui a sans doute servi à racheter les titres du sud. Pourtant, adosser une collection d'hebdomadaires à un grand quotidien, cela a du sens, permet des synergies, développe le tissu local. Mais les stratèges de groupe Hersant Médias ont aussi raté ce coche-là, ont acquis des titres éloignés les uns des autres et veulent désormais étrangler les salariés en raison d'une dette qu'ils ont eux-mêmes générés.

Enfin, deux coups de boutoir sont venus parachever l'oeuvre de groupe Hersant Médias. Les crises de 2008 et celle qui nous frappe en ce moment ont signé le repli des annonceurs publicitaires. Leurs budgets sont resserrés. Parallèlement, l'explosion des médias sur internet (un virage qu'à pris Paris-Normandie assez récemment) a fragilisé le modèle économique d'une information de qualité payante et imprimée.

Retrouver votre confiance

L'histoire des titres normands ressemble hélas à celle de tant de sociétés aujourd'hui disparues. Recherche de cash rapide, absence d'investissement et de stratégie, management à court terme. Pendant trente ans, les titres ont vivoté sur leur monopole, l'actionnaire n'y voyant guère qu'un piège à publicités rentables. Mais Philippe Hersant sera-t-il pour autant le fossoyeur de la presse normande ? Nous ne le voulons pas. Il existe en Haute-Normandie une large place pour un quotidien local de qualité.

Comment faire ? Il nous faut retrouver votre confiance. Alors que des études de plus en plus alarmantes, venant s’ajouter à des chiffres de diffusion en baisse constante, confirment la perte de crédibilité de la plupart des médias, principalement écrits, il est urgent de retrouver la confiance des lecteurs. Et donc remettre la qualité, l’indépendance et le pluralisme de l’information au cœur des préoccupations. Face au foisonnement quasiment illimité des informations jetées sans contrôle sur Internet, l’avenir des médias traditionnels passe d’abord, et surtout, par des stratégies de développement multimédia qui s’appuient sur les fondamentaux du journalisme : rigueur, déontologie, indépendance de l’équipe rédactionnelle, moyens donnés aux journalistes d’investiguer, de recouper et vérifier l’information. Et surtout sortir du syndrome « pas de vagues » pour proposer des articles polémiques et percutants.

Le Syndicat National des Journalistes

 

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Published by Le SNJ de la SNPEI - dans syndicalisme
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