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Qui sommes-nous ?

Les élus du syndicat national des journalistes de la  Société normande d'information et de communication (ex-Société normande de presse, d'édition et d'impression ou SNPEI)  vous proposent ce blog. Essentiellement à destination des salariés de Paris-Normandie, du Havre-Libre, du Havre-Presse, de Liberté-Dimanche (et de ses avatars) et du Progrès de Fécamp, ce blog a pour ambition de vous apporter les informations syndicales de l'entreprise, à l'exclusion des résultats économiques pour des raisons de confidentialité.
Le directeur de publication de ce blog est : Benoît Marin-Curtoud (snj_snic@yahoo.fr et b.marincurtoud@presse-normande.com). Les commentaires postés sur ce blog seront, le cas échéant, modérés, le SNJ se devant de respecter les lois sur la presse, sur la diffamation, sur la propriété intellectuelle.

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Face aux difficultés -qu'elles soient économiques ou déontologiques - qui rendent l'exercice du métier de journaliste de plus en plus difficile, face à la crise économique tout court, les élus de la SNIC vous proposent ce blog. Un outil pour vous permettre de réagir, d'exprimer vos attentes.
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Lundi 31 décembre 2012 1 31 /12 /Déc /2012 16:33

Les quotidiens normands vont-ils, en 2013, relever la tête? Après bien des remuements en 2012 puis un plan de sauvegarde de l'emploi qui a vu le licenciement de 83 salariés sur les quelque 360 que comptait l'entreprise (régie publicitaire incluse), la question est toujours d'actualité, certains spécialistes des médias n'hésitant pas à parier sur une nouvelle dégradation de nos titres dans l'année qui s'annonce.

Après une cure de silence médiatique, le SNJ prend du recul et analyse les derniers mois écoulés.

C'est en octobre 2011 que Groupe Hersant Medias (GHM), propriétaire alors des titres normands, acculé par une dette pharaonique (215 millions d'euros), annonce son intention de s'associer au belge Rossel. Le SNJ relaie une information selon laquelle les titres normands pourraient concommitamment être déclarés en cessation de paiement, faute d'un soutien du groupe GHM. "Irresponsable", jugent la direction d'alors et un autre syndicat.

La dette : c'est l'actionnaire qui l'a contractée en achetant les journaux Paru-Vendu et le pôle Sud (La Provence et Nice-Matin) sans débourser grand chose de sa propre poche. Ces achats ont bloqué la modernisation de la rédaction et des rotatives de Paris-Normandie et de ses titres associés, faute de crédits. En vendant ses sièges historiques au Havre et à Rouen puis son groupe d'hebdomadaires, GHM a créé le déficit structurel des journaux normands....et le mur budgétaire s'est dramatiquement rapproché.

En janvier 2012, GHM a retiré sa convention de trésorerie aux journaux normands. C'est grâce à ce soutien que les titres bouclaient leurs fins de mois. A la fin février, c'était la déclaration de cessation de paiements avec, pour les salariés, la seule perspective d'un règlement devant le tribunal de commerce de leur affaire. Et surtout une menace de liquidation. Une quasi première pour des journaux régionaux depuis l'après-guerre. D'autant que cette faillite menaçait de faire disparaître les quotidiens normands, au grand dam de ses lecteurs. Le droit à une information de qualité et pluraliste, une garantie constitutionnelle, pouvait être menacé même si d'autres médias que les quotidiens haut-normands "couvrent" les départements de l'Eure et de la Seine-Maritime..

Ensuite, et jusqu'au mois de juillet, les salariés ont eu droit à une triste partie de poker-menteur entre un actionnaire délaissant complètement ses titres normands, une direction qui tentait de jouer des solutions "perso" au détriment des salariés et un groupe belge, Rossel, pressenti pour la reprise, qui faisait mine de vouloir reprendre les quotidiens sans le faire vraiment tout en laissant ses intentions en suspens...

Pendant les trois premiers mois, jusqu'en mai, la direction a poussé une solution qui semblait devoir répondre aux exigences du groupe belge, avec 120 suppressions d'emplois, une sous-traitance partielle de l'impression et des dégâts éditoriaux forts. Les salariés se sont rapidement arc-boutés contre ce plan qui ciblait certains salariés et certaines catégories de personnel : manifestations, meeting, grèves. Les délégations syndicales (organisées en intersyndicale malgré des défiances historiques entre les journalistes et les ouvriers du Livre, une première dans les titres normands) ont tenté de négocier des solutions alternatives. Mais l'autoritarisme de la précédente direction, sa volonté de passer en force, ne laissaient aucune marge de manoeuvre. C'est dans cette période que de nombreux élus, de nombreuses collectivités et plus de 5000 particuliers nous ont aporté leur soutien moral. Qu'ils en soient ici remerciés. Mais force est de constater que malgré les très nombreux rendez-vous des organisations syndicales avec des élus locaux, les rendez-vous au ministère du Travail et au ministère de la Culture, le monde politique est resté impuissant face à la logique du rouleau compresseur appliquée par l'actionnaire, qui a contracté d'énormes dettes en France pour abriter sa cassette personnelle en Suisse... Révoltés, les salariés ont voté en assemblée générale une motion de défiance à l'encontre de leur rédaction en chef, jugée incapable de piloter un projet de redressement rédactionnel (avec 75 000 exemplaires/jour, les quotidiens normands ont perdu en 5 ans près d'un quart de leur lectorat) et une autre, à l'encontre de leur direction, jugée incapable de formuler un plan valable pour la pérénnité de l'entreprise.

Dans le même temps, les salariés ont envahi le golf de la famille Hersant, dans l'Eure, histoire de souligner que si la famille avait les moyens de s'offrir 18 greens, elle pouvait aussi mettre la main à la poche pour réparer les dégâts qu'elle avait contribué à faire en gérant si mal les titres normands. (Dans les suites de sa déconfiture en France, GHM a cédé à Rossel ses journaux de Champagne-Adrenne et s'est associé en décembre 2012 à Bernard Tapie pour la reprise à 50/50 des titres du sud de la France. Les banques s'assoient sur plus de 150 M€... Belle leçon de capitalisme helvète. Evidemment, chaque reprise a eu/va avoir un impact social fort...)

En Normandie, au fil des semaines, l'hypothèse d'une reprise en direct par le groupe belge Rossel s'est éloignée et deux autres offres ont fait leur chemin. L'une, appuyée par la direction, était un copier-coller du plan précédent de la direction tandis que l'autre, celle de MM. Ellie et Huertas (anciens dirigeants dans le groupe Socpresse...du temps de Robert Hersant), était socialement mieux-disante avec 85 suppressions d'emplois (contre 120 précédemment). Pendant les mois de mai et juin, les organisations syndicales ont rencontré ces repreneurs potentiels, ont négocié quelques points, ont fait des propositions et des amendements pour adoucir une violence sociale prévisible. C'est finalement cette offre, largement autofinancée par la baisse de la masse salariale, que le tribunal de commerce du Havre a retenu à la fin du mois de juillet. La SNPEI a été liquidée et sur ses décombres, avec 83 salariés licenciés, la Société normande d'information et de communication (SNIC) a été créée en août. La rédactrice en chef est partie, l'ancienne direction a été remerciée.

L'effet ciseau de la forte baisse de la masse salariale (environ 4 M€/an) associé à diverses mesures prises dans le cadre du plan social permettent aujourd'hui à la nouvelle société d'avoir une trésorerie saine et un résultat légèrement excédentaire.

Mais les dangers guettent. L'érosion du lectorat demeure, mais ce sont les lecteurs qui font vivre les quotidiens normands. Une nouvelle formule devrait être lancée prochaînement. Suffira-t-elle à limiter la casse ou devrons nous revivre les moments de doute de 2012 dans quelque temps? Le SNJ a fait des propositions aux nouveaux actionnaires pour dynamiser le contenu du journal, pour le rendre plus moderne, pour préserver le journal imprimé tout en développant l'information en ligne. Pour l'instant, ces réflexions sont en instance.

Autre point préoccupant : les annonceurs. Ils ont été échaudés par la période difficile que les quotidiens normands ont traversé. Les budgets sont par ailleurs liés à l'activité économique en général et l'on sait que 2013 sera une année difficile. La part de la publicité dans les revenus des quotidiens normands a dramatiquement baissé ces dernières années. C'est pourtant l'association de revenus publicitaires forts et une diffusion stable qui permet la pérennité d'une presse quotidienne régionale de qualité. Les nouveaux actionnaires veulent moderniser l'outil industriel rapidement afin d'attirer de nouvelles annonces, de nouveaux produits. Mais il faut autofinancer l'outil, ou presque.

L'avenir dira si la reprise effectuée par MM. Ellie et Huertas sera pérenne ou si, de nouveau, les salariés seront confrontés à de graves difficultés voire à une autre reprise. Mais le SNJ le souhaite : que 2013 soit l'année du renouveau.

 

Par Le SNJ de la SNIC
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